Les ondes privées de l'Avant-Garde de Construction Transhumaniste. Mouvement d'élite technologique pour l'élaboration de l'être humain supérieur.
 
AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Quittons-nous

Aller en bas 
AuteurMessage
Liberty Vicious

avatar

Messages : 332
Date d'inscription : 31/08/2010

MessageSujet: Quittons-nous   Dim 3 Avr - 5:59

[Chronologie : Cette scène se déroule après ça, une fois que Liberty est en état de se remettre debout et a l'énergie nécessaire.]


Quittons-nous juste un peu trop longtemps.

Les cris résonnent contre les parois métalliques de la ville. Ils rebondissent comme des milliers de petites aiguilles, qui viendraient piquer désagréablement chaque protagoniste de la scène. Oublié le calme du campement Scarifié, oubliée la bonne entente, oublié le plaisir d’être ensemble.


- ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE !

Une petite furie blonde arrache un drap qui servait jusque-là de tenture, pour préserver un petit coin d’intimité. Dans des gestes bruts, elle fourre des affaires dans un sac.
Oubliée l’éternelle bonne humeur de la punkette, oublié le sourire. Oubliée, aussi, son apparence impeccable. Les mouvements sont mal assurés, ils semblent douloureux. Les fringues déchirées laissent apparaître une peau meurtrie, ici recouverte de bleus, là rougie et la chair à vif. Le visage, habituellement si doux, est déformé par la fureur, la joue gauche est recouverte d’un hématome grossier, et une nouvelle écorchure s’est dessinée sur le front.


- Tous autant qu’vous êtes !

Non, même en y réfléchissant bien, on ne l’a jamais entendue hurler comme ça.
Il faut dire aussi qu’elle doit son état à un membre de la Brigade. Sa propre Brigade. Sa « famille », comme elle pouvait l’appeler il n’y a encore pas si longtemps. Il y a de quoi s’énerver un minimum, avouez.

Liberty balance son sac sur son épaule, dans une grimace. Sa main droite se crispe sur le manche d’une machette, pendant que la gauche tient un bâton de pyrotechnie, qui ne demande qu’à être enflammé.
Définitivement, elle en a trop supporté. Ils ont réussi à la pousser à bout, à réduire ses nerfs en une vulgaire bouillie. Elle se dit même qu’elle a été bien conne, de croire que ça pouvait bien se passer, avec une telle bande de tarés autour d’elle. Pas un seul qui se soucie véritablement de son bien-être. On est là pour jouer aux bons petits soldats. Et si un soldat de ton propre camp te tabasse, rien à faire : il faut supporter et ne rien dire.

Pas question. Elle ne restera pas.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Saül
Admin
avatar

Messages : 618
Date d'inscription : 30/08/2010

MessageSujet: Re: Quittons-nous   Dim 3 Avr - 11:43

Le borgne il l'a soigné Liberty. Oooooh forcément c'est pas du travail de médecin, de toute façon toutes compétences médicales semble avoir désertée cette foutue ville et il n'y a pas besoin d'avoir beaucoup étudié le corps humain pour savoir foutre du désinfectant sur des plaies et les bander en conséquent, ainsi que pour filer des medocs contre la douleur tirées du stock du wagon médical. Certes on rétorquera que des points de sutures auraient été mieux, etc. mais il a fait ce qu'il a pu, du mieux qu'il a pu et c'est ce que tout le monde retiendra. Surtout qu'après avoir ordonné à Eugène et Mazzy et ligoter Malicia bien serrée pour la foutre dans un coin du campement scarifiée, il a passé son temps au chevet de Liberty, reportant toute l'attention qu'il devrait consacrer à sa fiancée sur la blondinette. C'est à dire que celle-ci au moins... il lui semble qu'il peut la sauver.

Le borgne n'est plus que l'ombre de lui même. Un peu comme ces parents à qui leur enfant vient d'annoncer son homosexualité, Saül se demande ce qu'il a mal fait, ce qu'il a foirer. Qu'a t'il fait pour mériter d'avoir en effet une telle bande de cons dans la Brigade? Incapables de respecter la disciplines, inconstants, dangereux... jusqu'ici il avait réussis à jouer à l'équilibriste avec toutes ces tares mais là, là... le dérapage était net et Liberty en avait fait les frais. Bien entendu elle n'était pas toute blanche car elle avait eu, elle aussi son lot d'insubordination, de manquements à l'ordres ces derniers temps. Elle avait elle aussi contribué à pousser le bouchon de ce que le borgne peut supporter... à créer cette ambiance délétère de relâchement qui avait conduit au final, au drame. Certes... n'empêche qu'il l'a veillé, qu'il lui a tenu la main et qu'il a prié le Pancréateur pour qu'elle se rétablisse.

Alors quand il la voit entrain de brailler ainsi dans le campement, son premier réflexe est de remercier le Démiurge sus-cité avant d'aller voir. C'est un borgne à la barbe et aux cernes plus longues que jamais qui apparaît devant Liberty. Ajoutons au tableau son odeur de sueur du mec qui se néglige depuis quelques temps et on commence à se représenter son état de délabrement. A croire que c'est lui qui était sous les coups de Malicia. L'air incrédule en la voyant faire son manège il demande d'une voix faible :


"Mais qu'est-ce que tu fous? Par tout... tu vas pas te casser quand même?"

Il l'attrape par le bras, sans aucune force, mou comme un vieillard.

"Liberty..."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://actiongenetique.forums-actifs.com
Liberty Vicious

avatar

Messages : 332
Date d'inscription : 31/08/2010

MessageSujet: Re: Quittons-nous   Dim 3 Avr - 12:29

Il a passé du temps à son chevet… Et elle a bien dû s’en rendre compte, la punkette, même toute comateuse qu’elle était. Mais cette fois, il semblerait qu’il soit trop tard.
Peut-être, effectivement, qu’elle-même a parfois désobéi. Les ordres n’ont pas été suivis à la lettre. Mais elle n’est allée tuer personne, n’est-ce pas ? Elle s’est contentée de flirter avec Eugène et prendre un peu de retard sur la construction d’une barricade, de n’appeler personne par son grade, de donner un peu plus à manger à Emi… Rien de bien grave, au fond. Alors qu’eux…

Liberty dégage violemment son bras, et lève la machette en signe d’avertissement.


- Tu m’touches, j’te divise la trachée, c’est clair ?

Inhabituel au possible. Regardez donc ce que vous avez fait de notre pacifiste aux idées utopiques, si calme, si douce, si enjouée.
Elle accroche l’arme à sa ceinture, et soulève le bas de son t-shirt. Le ventre est rouge, la peau cloquée.


- Elle m’a brûlée, cette putain d’cinglée. Elle m’a massacrée ! Et c’est pas l’premier truc qui m’arrive, si tu t’souviens bien, tu t’en souviens hein ?

La voix est toujours trop forte. Sans doute alerte-t-elle d’autres personnes, avant de baisser d’intensité.
Ses yeux clairs fixent l’unique de Saül, et crachent toute la colère qui lui vrille le sang.


- J’en ai pris des coups, avant d’arriver ici. Mais jamais par ceux qu’étaient à mes côtés. Jamais par les miens.

Il peut lire, dans ce regard bleu, qu’en cet instant elle n’a aucune compassion pour lui. Après tout, tout ça, c’est son œuvre à lui. S’il y a une psychopathe dans l’équipe, c’est de sa faute, non ?
Il peut lire que cette fois, c’est la fois de trop. Après Morte-Mer. Après tout ce qu’on l’a obligée à faire, qui allait contre sa nature, mais qu’elle a fait quand même. Après l’enfermement ici, sous terre. Après qu’il ait failli lui-même la tuer. A force de tout encaisser, arrive inéluctablement un moment où ça explose.

Possible aussi que la blondinette dépense bien plus d’énergie que ne lui permet son état, dans toute cette agitation, et qu’elle s’effondre bientôt.


- Tu m’as sauvé la vie au début, mais j’crois qu’j’ai largement payé mon dû. Alors ouais, j’me casse. J’rends les armes, Commandant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Saül
Admin
avatar

Messages : 618
Date d'inscription : 30/08/2010

MessageSujet: Re: Quittons-nous   Dim 3 Avr - 22:59

Usé, limé, lessivé une autre crise le frappe de pleins fouets, une autre turbulence et alors qu'il plie sous le poids de la cette nouvelle contrariété il se demande si les choses sont réellement destinées à s'améliorer un jour, si il n'est pas voué à toujours un peu plus tomber de Charybde en Scylla.

Son bras reste suspendu dans l'air en une immobilité ridicule alors qu'elle c'est défait de son emprise. Il reste pantois, clairement dépassés par tout ce qui lui tombe sur la gueule ces temps-ci.

Soudain ça lui revient, ce qu'il avait pris pour une sorte de rêve enfiévré à son réveil devait être vrai vu ce qu'elle braille en ce moment : Une soirée au fond du gouffre, sans Emi, sans personne, une soirée à se mettre la tête à l'envers pour ne plus penser quelques heures avant de reprendre du service, encore et toujours, une soirée à ajouter une scarification en l'honneur du Pancréateur sur son corps afin de prier, une sorte de deal sacrificiel avec le tout puissant, et puis Liberty qui le surprend, Liberty le traitant de junky, Liberty lui sortant un truc du style de "heureusement que Emi peut pas te voir comme ça", Liberty qu'il étrangle, prêt à la tuer, Liberty qu'il relâche juste avant le moment fatidique.

Ouai, il se souvient, il se souvient très bien pour le coup, tellement qu'il a l'impression d'encore sentir la chaire de la nuque sous ses doigts, la consistance du cou qu'il compresse. Un soupire chasse cette pensée et la remplace aussitôt par le besoin impératif de la retenir, de ne pas laisser une des "siens" s'échapper, de conserver l'intégrité du "gang" de la "famille".


"Malicia va payer."

Il sort ça dans un souffle, comme un constat sobre, une évidence calme, contrastant avec la furie de la blonde.

"Liberty fais pas ça... tu vas le regretter.... je sais que c'est pas parfait ici... Je suis désolé de t'avoir fait mal, ça aurait pas du arriver."

En l'état, il sait pas trop quoi dire de plus, il reste donc pantois mais... finalement ça continue de sortir.

"C'que tu cherches existes pas ailleurs... C'est ici notre univers, notre monde, notre réalité."

Il soupire.

"Tu m'en veux depuis Morte-Mer..."

Sortant un peu de sa morosité, son ton s'affirme.

"Ce que tu comprends pas c'est que là bas j'ai fais le nécessaire pour te sauver la vie ainsi qu'au reste de la Brigade. J'ai fais tout ce que je devais pour pouvoir vous revoir Mamba et toi en un seul morceau! Et je referai exactement pareil si je le devais.... Toi tu crois qu'je t'ai abandonné... ça a été dur, mais j'ai pas eu le choix de vous laisser derrière et cette expédition était le seul moyen de garantir que les Phoenix nous coupent pas la gorge. Tant qu'on était avec Jess, vous étiez protégées. Et ensuite je t'ai demandé de rallier New Vegas en faisant tout mon possible auprès du réseau A.C.T. pour que ton voyage se passe bien.

Je nous ai réunifiés, on était divisé par des dizaines de milliers de kilomètres et je nous ai réunie.... nous redivise pas."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://actiongenetique.forums-actifs.com
Liberty Vicious

avatar

Messages : 332
Date d'inscription : 31/08/2010

MessageSujet: Re: Quittons-nous   Lun 4 Avr - 11:29

J’avais même pas dix ans. Elle m’a laissée à la rue, comme on laisse un chien au bord d’une route.

Peut-être que c’est ça, au fond… Une petite fille qui ne demande qu’à être aimée ?

A la dernière phrase, Liberty a l’étrange impression que le sang lui monte à la tête. Il bouillonne, des tonnes de petites bulles bousculent ses idées.


- C’est pas moi qu’tu veux garder, Saül. Tu veux conserver l’intégrité d’ta Brigade. Si j’pars, ça sera un échec. J’suis rien qu’un foutu maillon d’la chaîne.

La machette tombe au sol dans un cliquetis métallique. La main vient masser les tempes douloureuses, apportant de la fraîcheur à ce front fiévreux.
Si Helno était là… Lui, il l’aurait prise dans ses bras. Lui aurait dit à quel point elle comptait pour lui, combien elle était importante, unique. Combien sa présence lui réchauffait le cœur. Combien il l’aimait, sa petite sœur, et qu’il ne fallait pas qu’elle parte, parce que tous la regretteraient, et plus rien n’aurait de sens pour lui. Il partirait avec elle. Il n’y aurait pas eu qu’Helno, d’ailleurs. Elle serait dans ses bras, mais tout l’Eko-System serait autour. Leurs regards lui feraient comprendre…


Tu m’aimes, maman ?

Liberty rouvre des yeux qu’elle ne se souvient pas avoir fermés. Sa voix est horriblement doucereuse.

- Qu’est-ce que tu sais de c’que j’cherche, Commandant ? Tu crois que j’veux faire partie d’une armée, que mon kiff c’est d’m’entraîner pour être capable d’aller au combat ? Tu crois qu’ça m’plaît d’passer des nuits sans dormir, tellement l’ambiance de ta Brigade me fait mal au crâne ? Ça pue la mauvaise entente et la méfiance, ça pue la crasse, ça pue la mort. Tu crois qu’c’est ça, qu’je cherche, d’pas être à l’aise au milieu d’vous ? Tu crois vraiment qu’ma place est ici ?

Tu as des réponses pour moi ?

Personne d’autre ne vient. Personne…

- Malicia va payer, ouais… Mais elle était là, à tes côtés, Malicia, pendant que moi j’croupissais dans une putain d’ville maritime où on voulait juste me buter. Parce qu’elle est utile, elle est importante, Malicia, alors on peut surtout pas la laisser en arrière. Par contre la p’tite blonde, c’est pas grave, elle supportera jusqu’à c’qu’on s’décide à la rappeler. On peut la laisser au bord d’la route. Et puis quand elle parle un peu trop, on essaie d’la tuer aussi.

Elle divague, la p’tite blonde. Comme une incroyable vague de folie qui la submerge un instant, et elle se noie, elle ne peut pas remonter à la surface, c’est trop loin. Pendant que l’eau lui envahit les poumons, elle crache le reste. Tout ce qui lui pèse sur le cœur depuis trop longtemps. Chaque mot acide envoyé à Saül est un picot qui se retire de ce cœur et le cicatrise un peu, pour la soulager.

Puis la dernière phrase sonne comme une sentence.


- C’est elle ou moi.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Saül
Admin
avatar

Messages : 618
Date d'inscription : 30/08/2010

MessageSujet: Re: Quittons-nous   Mar 5 Avr - 0:27

Il secoue négativement la tête, tout ces reproches le dépassent, il ne les comprend.... ou plutôt elle ne le comprend manifestement pas.

"Et tu crois quoi? Qu'j'ai choisis mes "préférés"? Mes "chouchous"? Que j'ai laissé ceux dont j'avais rien à battre derrière? J'ai fais ce que j'avais à faire pour garantir la survie de tous. On pouvait pas tous partir. On m'a imposé de laisser du monde derrière et on m'a imposé de prendre les meilleurs combattants. Soit j'accepté, soit on était à la merci des Phoenix. Jess voulait utiliser notre force de frappe à ses fins, pour ses rèves, sa stratégie et il avait ce moyen du chantage implicite sur notre survie pour y parvenir.

Malicia je l'ai incorporé dans la Brigade après la mort de Freddy parce que à cet instant précis, si on comptait pas dans nos rangs une guerrière supplémentaire comme elle, avec une grosse arme à feu, on se serait sans doute tous fait tuer! Je l'ai incorporée pour nous protéger TOUS! Ouai je savais qu'elle était capable d'exploser comme elle l'a fait avec toi au bout d'un moment. Depuis le début je le savais, mais c'était le prix à payer pour notre protection."


Sa voix a enfin reprit la consistance qu'on lui connait. Au fur et à mesure qu'il parle, il retrouve son maintient, ses forces.

"Ouai je considère la Brigade dans son ensemble, ça veut pas dire que je tiens pas à toi. Que je t'estime pas individuellement. Je suis sensé tous vous gérer! M'occuper de vous tous, veiller sur vous tous! C'est mon putain de rôle. Donc ouai je dois penser à l'ensemble, au collectif. Pour sûr c'est pas rose, y a des tentions entre certains membres, plus d'affinités avec d'autres. Je crois pas avoir jamais vu Aldartok, Eugène, Mamba ou Mazzy te faire chier!

J'ai autant besoin de toi en tant que membre du groupe que en tant qu'individu."


Il la fixe de son oeil unique sans lacher à aucun moment le regard.

"Parce que tu vois, si t'étais pas là, je pense bien que certaines tares de cette brigade seraient bien plus violentes... qu'on perdrait plus facilement le contact avec l'humanité. Le peu de truc qui nous relie encore. On a tous BESOIN de toi rien que pour ça!"

Moue tendue, blessée.

"Quand à la structure militaire, on a pas le choix. Parce que la guerre, le danger, que ce soit par des pillards ou par des armées construites... tout ça, que tu le veuilles ou non, ça existe. Et c'est justement cette discipline, cette structure qui nous permet de nous en sortir dans tout ça.

Aussi parce que y a des causes qui valent la peine d'être défendue et même si nos projets sont en stand by avec l'A.C.T. en ce moment pour cause de manque de scientifiques, je pense que c'qu'on fait ici, autour du labo de NV. Ca va dans l'sens de l'humanité!"


Il hoche la tête, convaincu.

"Si je t'entraine, si je t'apprend à toujours mieux te battre, c'est parce que je veux plus jamais avoir à te laisser derrière, ok?"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://actiongenetique.forums-actifs.com
Liberty Vicious

avatar

Messages : 332
Date d'inscription : 31/08/2010

MessageSujet: Re: Quittons-nous   Mer 6 Avr - 9:53

Non, elle ne le comprend pas…

- Conduis In’I. Enseigne à In’I à pardonner afin que In’I soit pardonné, enseigne à In’I l’Amour, la Loyauté sur Terre comme il en est dans Zion…

Et il a beau dire qu’ils ont besoin d’elle, elle ne le croit pas.
Est-elle vraiment tombée ? Et à quel instant ? Toujours est-il que Liberty se retrouve assise au sol, adossée à une paroi de la ville. Le métal glacial lui chatouille la nuque, comme pour lui rappeler qu’elle est vivante. Les yeux fermés, elle prie. Elle ne s’en rend pas vraiment compte, mais ça lui arrive parfois. Dans les moments difficiles.


- Dote In’I de ta Sagesse, Connaissance et Compréhension pour que In’I fasse ta volonté. Selah.

Elle relève enfin la tête. Se masse de nouveau les tempes, puis pose un regard triste sur Saül.

- T’as pris ceux qu’étaient utiles… Moi j’servais à rien. Mais j’veux pas qu’on m’choisisse parce que j’suis utile à quelque chose, Saül. P’t’être qu’ils s’en accommodent, eux. Mais pas moi. J’veux être quelqu’un, pas l’maillon d’une chaîne qu’on prend ou qu’on enlève selon les besoins.

Sa tête se balance doucement de gauche à droite.

- Combien d’temps notre vie va dépendre des autres ?

(Lady Liberty, come down and bleed on me.)

- J’comprends ton rêve. J’me suis même prise au jeu à un moment. Améliorer la survie d’l’humanité, tout ça… Mais j’ai pas vu un seul résultat concret depuis que j’suis là. A part des discussions d’organisation, on a rien fait. Rien. J’ai pas la sensation qu’on soit là pour ça, au fond. Depuis l’départ on parle que d’se battre, et tout c’qu’y a comme missions, c’est pour aller tuer des ennemis. Sauver des alliés. Les armes, la guerre, tout l’temps… tout l’temps…

La crinière blonde de la punkette se secoue un instant. Elle soupire, l’air de ceux qui en ont trop vécu d’un seul coup.

- Alors là j’peux plus. J’ai signé avec mon sang pour vous, j’étais prête à donner ma vie pour défendre les convictions d’chacun, j’étais prête à mourir pour vous. Chacun d’entre vous. Mais pas d’cette façon. J’veux pas qu’ce soit d’la main d’un des miens. Ça veut plus rien dire.

Tirant un peu sur le t-shirt, elle montre au chef Scarifié la cicatrice qui lui court le long du cou.

- C’était mon engagement. J’ai accepté d’porter un grade et d’obéir aux ordres pour ce truc. J’ai accepté d’vivre avec des gens avec qui j’m’entends pas forcément. J’me suis entraînée au combat, alors que ça va contre ma nature profonde. Et j’ai eu quoi en retour ? Le droit d’vivre ? J’ai eu l’droit d’me plier à la volonté d’types qu’avaient juste des flingues plus gros, j’ai eu l’droit d’fermer ma gueule, et j’ai eu l’droit à c’qu’on m’mette dessus deux fois. Alors le collectif, ouais… mais pas à c’point-là. C’est plus qu’une cicatrice qui montre que j’en ai bavé, rien d’autre.

Peut-être qu’elle le pense vraiment. Peut-être qu’une part enfouie d’elle imagine que ses paroles dépassent un peu sa pensée, et qu’il n’aura qu’à la rassurer pour qu’elle se reprenne. Difficile à savoir.
Liberty ne se sent pas la force de se relever. Mais son regard reste dans celui de Saül, brillant d’une flamme vive.


- J’vous accompagne pour la mission qui vient, parce que j’m’y étais engagée, et que j’suis pas du genre à lâcher au dernier moment. Mais après…

Il n’a pas répondu à l’ultimatum.

- Après ce s’ra elle ou moi.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Saül
Admin
avatar

Messages : 618
Date d'inscription : 30/08/2010

MessageSujet: Re: Quittons-nous   Mar 19 Avr - 0:55

Bordel mais il a l'impression de parler à un mur, ça le fou hors de lui. Elle lui balance les mêmes reproches à la gueule encore et encore sans égard à sa défense. En l'écoutant il tourne et tourne comme un lion en cage, fait les cents pas, bouillonne. C'est finalement dans un grognement laché entre ses dents qu'il répond.

"Putain mais dehors partout, c'est la merde. Y a plus rien, y a que la mort et la guerre partout. Nous on essaye de mettre un peu d'ordre dans tout ça, pour que naisse l'espoir.

Maintenant si tu me vois vraiment comme tu me décris...."


La mâchoire serrée, il ne termine pas sa phrase et s'éloigne d'un pas lent.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://actiongenetique.forums-actifs.com
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Quittons-nous   

Revenir en haut Aller en bas
 
Quittons-nous
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Pouvons nous faire remonter le Titanic des eaux ?
» [Collection] Nous deux
» Chansons qui nous parlent
» [Sollogoub, Tania] Il y avait un garçon de mon âge juste en dessous de chez nous
» je nettoie, tu nettoies, il nettoie, nous nettoyons les peintures. . (nettoyage, déontologie, méthodes aqueuses)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Act as a Celebration of Technology :: Ondes sécurisées :: De partout et d'ailleurs-
Sauter vers: